Le village de Tintry

L'histoire du village de Tintry en vidéo

Le Concert audio

Le concert de la chorale à Tintry
En vidéo

Le Canton d'Epinac au début du (20ème) siècle

Le livre Le Canton d'Epinac au début du siècle de Lucien Taupenot.

sert de file rouge à l'association Musique aux Champs pour voyager dans l'histoire des villages du Canton d'Epinac en musique. Cet ouvrage sert de référence et de source, différentes pages du livres seront citées au fil du voyage.

Lucien Taupenot était un médecin et écrivain, chevalier de l'Ordre national du mérite et chevalier des Arts et des Lettres, originaire d'Epinac. Il a écrit plusieurs oeuvres de fictions et historiques sur la Bourgogne et la région de l'Autunois Morvan.

Première de couverture du livre: Le canton d'épinac au début du siècle | Lucien Taupenot 1986
Première de couverture du livre: Le canton d'épinac au début du siècle | Lucien Taupenot 1986

L'histoire du village de Tintry

Photo du village de Tintry dans le canton d'épinac en saône et loire
Photo de l'église de Tintry
Photo du ruisseau du pont du roi à tintry
Ruisseau du pont du roi | randonneur du mercredi

Tintry est une petite commune de 966 hectares située sur un plateau élevé qui est encadré par deux vallées profondes, la vallée du ruisseau du Pont du Roi à l’Ouest et celle du ruisseau de Digoine à L’Est. Son nom vient probablement de Tentoriacum une villa galloromaine qui s’est fortifiée au moment des invasions et s’est pérennisée sous forme d’un campement militaire au lieu dit  La Vieille Tour .

Sur cette motte se dressait un château féodal dont la position permettait de surveiller la route d’Auxy par le Pont du roi. Deux autres points stratégiques étaient fortifiés sur les 5 km de la vallée, l’un à La Croix Bernard, l’autre à Repas. Un vaste habitat rural à proximité a été découvert lors des travaux de terrassement du TGV et la datation des tessons a permis de situer cet habitat un demi siècle avant notre ère pour sa partie la plus récente.
Des éléments datant de la période du Hallstatt on montré l’ancienneté du site. A quelques mètres au sud de la  vieille Tour  deux rochers de grès portent des traces de striures parallèles identifiées comme étant des traces de polissoir. La forteresse de la Vieille tour fut la résidence des seigneurs de Tintry et une place forte réputée lors des guerres de la Ligue et, comme de nombreuses forteresses, fut démantelée à la fin du conflit. Il ne reste rien sur ce site de cette longue période historique.
Photo du lieu dit la vieille tour à Tintry
Lieu dit "la vieille tour" | Musique aux champs 2020
Photo de la bute du villard à Tintry
Photo de la bute du villard à Tintry | Musique aux champs 2020

Au sud du bourg de Tintry, sur une position identique, se trouve la butte de Villar. Des fouilles pratiquées au 19ème siècle mirent au jour des fondations de un mètre cinquante d’épaisseur qui donnent une idée des dimensions de l’ouvrage qui se trouvait là. Des traces d’incendie peuvent en expliquer la disparition. Villar devint fief au 17ème appartenant à des familles protestantes de Couches-les-Lesage, puis à la famille Truchis, et au 18ème au Musi. Le manoir actuel, propriété de la famille De Ternay, date du 15ème siècle et fut remanié profondément au 19ème siècle.

Ainsi au moyen âge, Tintry était le siège d’au moins deux seigneuries. En 1230 Gaudry de Sully, chevalier, était seigneur de Tintry. Le 6 novembre 1426, Philibert de Garneron reprenait le fief auprès de Jean de Montagu, seigneurs de Couches. Le fief verra se succéder toute la seigneurie locale de Jean de Fussey en 1458, à Hughes de Tintry en 1494 et en 1551  noble homme  Gaspard de Tintry. En 1621 Léonor de Rabutin seigneur de Bussi, Forléan et Epiry, achète la seigneurie de Tintry et Collonge la Madeleine pour la somme de 5300 livres. Le fief va passer, comme la seigneurie d’Epiry, des Rabutin à la famille de la Madeleine de Ragny qui restera en sa possession jusqu’à la révolution.

Photo du pont du roi à Tintry | Musique aux champs 2020
Pont du roi à Tintry | Musique aux champs 2020

Lusigny au 18ème siècle formait une terre distincte de Tintry et dépendait de Digoine. Le  Pont du Roi  sur le ruisseau qui sépare Tintry de Saint-Emiland, en aval du barrage, a la réputation d’être un ancien pont romain mais les restes de structures actuelles sont plus récentes. Il faisait partie d’un itinéraire local important reliant Auxy à Saint-Gervais-sur-Couches, par delà la vallée de la Cozanne. Un membre de la famille De Tintry eut une certaine notoriété durant les Guerres de Religion. Guillaume de Tintry, grand prieur de l’abbayes de Saint-Martin d’Autun fut le seul à ne pas fuir devant les Calvinistes. Son grand âge, (90ans) ne le protégea pas puisqu’il fut exécuté par les troupes de Coligny au pied de l’autel le 29 Juin 1570. Avant la révolution la paroisse de Tintry était de l’archiprêtré de Couches.

L’église de Tintry est placée sous le vocable de Saint-Germain. Le protecteur de la paroisse est, selon la légende, né à Autun, faubourg Saint-Blaise, vers 496 dans une famille de notables. Après des études à Avallon, il passe 15 ans à Luzy. Il fut ordonné prêtre à Autun et choisit comme abbé du monastère de Saint-Symphorien. Élu Évêque de Paris à la mort d’Eusèbe en 564, il convertit le roi Childebert qui l’établit dispensateur de ses aumônes. Souvent de retour à Autun, il meurt cependant à Paris le 25 mai 576, inhumé dans la chapelle Saint-Symphorien de Saint-Vincent-Le-Doré qui, depuis, pris le nom de Saint-Germain-des-Prés. Les rois Mérovingiens ont tous leur sépulture au côté de Saint-Germain dans cette même église.
Eglise de tintry
Eglise de tintry | Musique Aux Champs 2020
Pieta en bois polychrome, eglise de Tintry | Musique aux Champs 2020
Pieta en bois polychrome, eglise de Tintry | Musique aux Champs 2020

Vers 1840, le clocher de l’église de Tintry menaçant ruine, fut démoli et ses matériaux furent réutilisés pour l’érection d’un autre clocher à droite du chœur, lequel deux mois plus tard, s’écroulait. Sur cet emplacement le clocher actuel fut érigé avec les matériaux provenant de l’ancien château de la « vieille Tour ». La flèche ne sera ajouter que 10 ans plus tard. L’église possède une statuaire intéressante : Une Piéta en bois polychrome du XVIème siècle qui repose sur un tabernacle en bois doré, un Saint Évêque (St Germain ou St Claude) et une statue de St Sébastien du XVIème siècle.

Cette dernière fut l’objet d’une controverse. D’après la tradition orale, la paroisse de Tintry fut éprouvée au début du 18ème siècle par une épidémie qui fit périr une grande partie du bétail. Les habitants se rendirent à Uchon pour placer la paroisse sous la protection de Saint Sébastien. Les gents de Uchon acceptèrent le prêt de la statue qui fut portée en procession jusqu’à l’église de Tintry.
L’épidémie s’arrêta et les paroissiens, par crainte du retour de l’épizootie, refusèrent de rendre la statue. En souvenir de ce miracle Saint Sébastien est devenu le patron des laboureurs. Un tableau représentant la Cène fut offerte à la paroisse par le conte de Musy en 1840.

En 1645, Philibert Peteuil étant Échevin, il y avait à Tintry environ 130 habitants imposés, dont trois charrues desquels il n’y avoit que trois propriétaires, le surplus estatn métayers...

Photo des rochers du carnaval à Uchon
Rochers du carnaval à Uchon | Destination Saone et Loire

Le rapport continuait,

Conditions mainmortes. Quelques communaux à Lusigny. Aucun communaux à Tintry. Devoir aux sieurs Dupasquier et Cortet avec les habitants des Loges, 600 livres. Territoire endommagé de la gelée à cause de la proximité des bois qui y sont. Aucun gens de guerre depuis deux ans.

Dans sa description du Duché de Bourgogne , Courtépée, vers 1782, précise que Tintry qui comprend 15 feux au chef-lieu et 350 communiants, dépend de la justice d’Epiry. A coté de l’église de Tintry se trouve la fontaine Saint-Germain qui ne tarit jamais et ne gèle pas d’avantage. Par grand froid, on voit les vapeurs monter de la fontaine. Les gens disait regarder « fumer » la source. On y vint en pèlerinage jusque vers 1900.
La taille du grès est pratiquée sur la commune ainsi que le confirme l’annuaire de Saône et Loire de 1843 qui signale, dans la vallée du Canada, des pierres tumulaires sur lesquelles des personnages sont grossièrement sculptés en bosse. Les cahiers de doléances de 1789 font surtout échos des difficultés qui existent entre le curé de Tintry et les paroissiens :

La place publique a été anticipée par l’ancien Curé...Il existait autrefois une pêcherie dans cette place publique qui servoit à abreuver les animaux …

Extrait de l'annuaire de Saone et Loire 1843
Extrait de l'annuaire de Saone et Loire 1843 | Archives de Saone et Loire

Ils en demandent le rattachement. Ils demandent également le relâchement de l’anticipation du tiers du cimetière que le curé s’est octroyé comme jardin…

Ceux du hameau de Lusigny se plaignent que Mr le Comte de Faltan, leur seigneur, s’est emparé des bois communaux qu’il a coupé et vendu alors qu’il porte procès envers les habitants qui coupent, pour leur besoin, le bois communal, et de ce fait, les réduis à la dernière misère.

En 1904 sur ce territoire, qui comprend 340 ha de bois, 415 ha de céréales, 150 ha de prairie, et 4 ha de vignes lesquelles produisent un vin de qualité médiocre. On dénombre encore 10 ouvriers employés dans les carrières de pierre pour 240 habitants. La carrière sera longtemps affectée à la production de pavés et génère une certaine activité sur le village et donc quelques commerces ; deux épiciers, un marchant de tabac, et pas moins de 5 aubergistes. Un colporteur, Mr Matheron, habite Tintry et sillonne les villages du canton.
Le matériel employé dans la carrière nécessite la présence de nombreux artisans en regard de la population. Pas moins de quatre charrons et un forgeron assurent la création et la maintenance du matériel. On trouve également deux sabotiers, et 5 ouvriers carriers. En 1957 un projet important va monopoliser durant 4 ans l’attention des habitants de la région. La construction sur la commune du barrage du « Pont du Roi », un barrage voûte de 24 m de haut, reste dans les mémoires. Destiné à capter les eaux des ruisseaux du Pont-Allard, le ruisseau du Pont d'Argent, celui de la Charbonnière et de Taupe-Vieille, le plan d’eau s’étend sur 68ha. Il est classé en zone Natura 2000. Pierre Rossignol avait 33 ans à l’époque. Voyons ce qu’il nous en dit…
Carrière de Saint Emiland
Carrière de grés de Saint Emiland | Archive de Saône et Loire
En 1979 commence la construction de la ligne ferroviaire à grande vitesse qui va traverser la commune ,avec en limite Est, l’édification d’un important viaduc de 425m qui surplombe la vallée de la Digoine. Aujourd’hui la commune de Tintry compte 78 Tintrysiens et Tintrysiennes.

9 / 9